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Road Trip USA : J’ai piloté une Nascar à Talladega!

Road Trip USA : J’ai piloté une Nascar à Talladega!
Pour les néophytes, le NASCAR est un championnat de course automobile Américain très populaire. Ces bolides sont capables d’atteindre des vitesses impressionnantes sur les différents circuits ovales appelés également Superspeedway. Certaines courses de ce championnat sont mythiques comme le Daytona 500 en Floride qui fait l’ouverture de la saison.Je regarde ce championnat depuis quelques années à la télévision car il est diffusé en intégralité sur la chaine Auto Moto (Anciennement Ab Moteurs), ce qui est rare pour un sport exclusivement américain. D’ailleurs j’en profite pour faire un petit coucou au deux commentateurs, Pat et Phil, qui sont absolument géniaux ! Sachant que notre Road Trip passait non loin de quelques circuits mythiques, il était trop difficile pour moi de résister à l’envie de me prendre pour un Jeff Gordon, Jimmie Johnson ou encore le regretté Dale Earnhart le temps de quelques tours à bord d’une véritable voiture de course. Coup de chance, lors de notre passage, une journée d’essai était organisée par Nascar Racing Experience sur le circuit de Talladega dans l’Alabama qui est l’un des trois Superspeedway du championnat. Un de mes rêves devenait donc réalité.

Welcome to Alabama !

Nous sommes arrivés sur le circuit avec un peu d’avance. J’avais en effet reçu un e-mail plus tôt dans la journée que la météo était instable et qu’il était mieux d’arriver le plus tôt possible. Les voitures Nascar n’étant pas prévues pour rouler sous la pluie. Finalement, à notre arrivée, le soleil était de la partie et aucune goutte de pluie n’était à l’horizon. Nous avons donc pris le temps de visiter l’International Motorsports Hall à l’entrée du circuit, de quoi se mettre doucement dans le bain. Le musée est très intéressant et dispose d’un nombre incroyable de voitures ayant disputés le championnat.

Arrivée dans le Paddock

Après une bonne heure de visite, il était l’heure pour moi de rejoindre ma monture pour ces quelques tours de folie avec, je l’avoue, un peu d’anxiété. Dès notre arrivée, je suis pris en charge par le personnel. On me donne une combinaison, un casque et une bouteille d’eau, puis je m’installe en salle de briefing. Je suis seul avec un instructeur. Il me demande si je sais utiliser une boite manuelle. Pfff, bien sûr… Il m’indique que je serais seul dans la voiture et qu’un pilote va m’ouvrir la route. Ça me laisse sceptique… Ça doit être pour me brider car il n’y a pas vraiment de trajectoire à suivre impérativement sur ce type de circuit. Il m’indique également que je dois rester à environ trois lignes sa voiture pour des raisons de sécurité. En enfin que je serai connecté par radio à un spotter (Membre de l’équipe qui informe les pilotes pendant la course) qui me donnera certaines informations si besoin.

Je ferme ma combinaison ignifugée (Je précise qu’il fait déjà à peu près 40°C dehors) et enfile mon casque. Il est temps d’entrer dans la voiture. Un membre de l’équipe enlève le volant et me fait signe d’entrer. Alors pour faire simple, il n’y a pas de portière sur une voiture Nascar et je dois donc me faufiler par la fenêtre, très petite d’ailleurs, avec mon 1 mètre 88. Je mets une jambe d’abord, l’autre… et ensuite ? Eh bien ensuite, c’est compliqué ! Je me contorsionne afin d’entrer mon buste mes c’est ma tête qui coince avec le casque. Nous y arriverons finalement mais avec bien du mal. Ne pensons pas encore à la sortie… On m’installe le harnais de sécurité, je ne peux plus bouger à part les bras et les jambes. Le membre de l’équipe me demande de débrayer et démarre le moteur. J’entends dans la radio « Go ! ». Comme je l’aurais parié, la première tentative ne fût pas la bonne. En effet, il faut un petit temps d’adaptation avec la sensibilité de la pédale. Le pilote est lui déjà parti et m’attend un peu plus loin. On redémarre le moteur…

Sur la piste

Cette fois c’est parti ! Première, Seconde, Troisième, Quatrième, j’accélère tranquillement pour sortir de la Pit Lane (Voie des Stand) dans la ligne droite opposée. Cette fois nous sommes lancés sur le circuit. Je me place juste derrière le pilote et le suit en continuant d’accélérer. Premier virage surélevé, avec une inclinaison de 33%. Impressionnant ! L’effet est saisissant ! Comme-ci un mur se dresse devant vous. On ne se rend pas bien compte à la télévision mais l’inclinaison est vraiment très prononcée et on doit maintenir très fortement le volant afin que la voiture reste sur sa ligne pendant le virage. Idem en sortie de virage, il faut compenser le fait que la piste redevient plate afin d’éviter que la voiture ne se déporte trop sur la partie intérieure du circuit.

Des murs en guise de virages

Une fois le virage passé à vive allure, le pilote qui m’ouvre la route commence à vraiment accélérer dans la ligne droite des stands. J’écrase la pédale d’accélérateur. On passe la ligne à environ 150 mph (240 km/h). Le vrombissement du moteur et les vibrations s’accentuent au fur et à mesure de l’accélération. A peine le temps de regarder le compteur qu’un mur se dresse devant moi… pas un mur de sécurité du circuit, non, le virage suivant qui me saute littéralement au visage. Difficilement, j’essaie de me concentrer et de suivre la voiture du pilote. Les sensations sont semblables à une descente de grand huit ou plutôt à une fin de descente. En effet, je me retrouve compressé dans mon siège avec mon cœur qui se soulève. L’effet est violent et je ne m’y attendais absolument pas. Je ne suis pas dans un manège et il faut en même temps que j’arrive à garder mes esprits ainsi que veiller à ce que la voiture reste bien en ligne car à cette vitesse-là, le moindre petit coup de volant pourrait m’envoyer dans le décor. La difficulté de ce type de circuit est que l’on a du mal à connaître le degré d’adhérence de la voiture puisque les virages sont tous surélevés. On ne tourne pratiquement pas donc je n’arrive pas à trouver mes repères ainsi que les limites de la voiture. Je n’ai de ce fait qu’une possibilité… Faire une entière confiance au pilote qui me précède et me dire que si pour lui passe, ça passera pour moi.

Vitesse de pointe

On continue d’accélérer, cette fois le compteur indique 180 mph (288 km /h) dans la ligne droite opposée. La voiture est au rupteur, certainement bridée car une Nascar peut aller bien plus vite, mais cela ne serait certainement pas raisonnable. Virage suivant, cette fois ma raison m’oblige à lâcher un peu la pédale car j’ai vraiment l’impression que ça ne va pas passer. Pourtant le pilote, lui, ne semble pas avoir ralenti. Je décide donc de tenter au prochain tour. Effectivement, au prochain tour, avec une belle montée d’adrénaline, la voiture ne bouge pas d’un poil mais c’est mon organisme qui prend tout. Plus on passe les virages à haute vitesse et plus la force G est présente. Cela devient très physique et tenir le volant demande de gros efforts tout en essayant d’être le plus précis possible. La voiture est de plus en plus déportées en sortie de virage. Mes bras sont crispés sur le volant pour remettre la voiture sur sa ligne. Lorsqu’on m’indique à la radio que je dois rentrer au prochain tour, je suis enfin capable de faire la totalité du circuit à fond sur la pédale d’accélérateur sans ralentir. Nous faisons un dernier tour afin de décélérer doucement puis nous entrons dans la voie des stands. Je n’aurais utilisé la pédale de frein que pour stopper la voiture sur son emplacement.

Une sortie difficile

Comme je me doutais, la sortie de la voiture fût légèrement plus difficile que l’entrée, mes bras et mes jambes tremblant encore avec l’adrénaline que ces quelques tours m’avaient procuré. Il faisait une chaleur étouffante dans l’habitacle. On ne devait pas être loin des 50°C. Lorsque j’ai ouvert la combinaison, on aurait pu croire que je venais tout juste de prendre une douche.En sortant, j’ai suggéré à Emeline d’aller faire quelques tours avec le pilote afin de ressentir les sensations que procure ces fameux virages à 33%. Elle a adoré !

En Bref

Des sensations inoubliables et une bonne dose d’adrénaline. Une activité 100% US qui mérite d’être faite une fois dans sa vie. C’est très physique et il faut être en même temps très fin dans son pilotage. Le fait qu’un pilote m’ouvrait la route m’a forcé à aller plus vite plutôt que me brider, c’est finalement une très bonne chose. Je ne pense pas que j’aurais eu « les couilles » de passer les virages aussi vite en étant seul sur le circuit. Lors d’un second run, peut-être, maintenant que je connais les capacités de la voiture, mais pas lors d’un premier et seul run. Le circuit est immense et très large ce qui enlève un peu l’effet de vitesse, surtout sur la vidéo… On a l’impression que je n’avance pas, mais ce n’est qu’une impression. J’ai d’ailleurs été très déçu par la qualité de la vidéo et par le son quasiment inaudible du moteur. Mais c’est le seul point noir. Mon regard a quelque peu changer vis à vis des pilotes Nascar, car maintenant, je me demande comment ils font pour évoluer en peloton si serré à cette vitesse (Même plus vite) en sachant qu’une course peut durer jusque 4 heures. J’ai toujours eu l’impression que piloter sur un circuit ovale était plus facile qu’un circuit routier avec des virages plus techniques. Finalement, c’est très différent, mais tout autant difficile et tout aussi physique. Je leur tire mon chapeau.

Talladega Superspeedway

A propos de l’Auteur:

JP

Passionné de voyage et de photographie. Randonneur et amoureux de la nature. Créateur et webmaster du site www.backtoroadtrip.com. Administrateur sur le groupe facebook USA Forever.

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